Editorial

Laurent-Rouillac-0633

Laurent ROUILLAC

PDG Syrtals SI

L’ère de la distance et du tout digital

Alors que l’évolution de la crise sanitaire vient contredire l’idée d’un retour rapide aux comportements d’avant la pandémie l’hypothèse la plus probable est que nos comportements aient évolués durablement. Nous sommes contraints à aller de l’avant sous de nouvelles formes et à creuser des tendances qui nous paraissaient jusqu’alors plus temporaires que pérennes. Les acteurs économiques doivent envisager d’offrir une réponse permanente en rendant le déplacement physique optionnel.

En effet, si une leçon peut être tirée de cette crise sanitaire, d’un point de vue sociétal comme économique, c’est bien que nos déplacements et nos rencontres sont désormais sujets à caution, et n’ont plus rien de nécessaire. Nous évoluons désormais dans un nouvel environnement, marqué par la dématérialisation, en totale rupture avec le précédent, dans lequel cette dernière n’avait qu’un rôle en construction. Quelles sont les implications d’une telle revendication ?

Tout d’abord, nous ne pouvons que constater que cette tendance à la dématérialisation vient confirmer les habitudes observées chez les consommateurs de la jeune génération. Ceux pour qui le paiement sans contact relève de l’évidence, et qui auraient vite fait d’échanger de longues minutes d’attente dans les bureaux de l’administration contre la possibilité d’une signature électronique. Avec la pandémie et le confinement généralisé, cette tendance s’est propagée, de facto, à l’ensemble de la population. Les déplacements ont été gommés, la demande pour des services à distance a explosé…

Ainsi, il parait difficile d’envisager une déconstruction de ces habitudes de consommer au profit d’un retour aux anciennes pratiques. Plutôt, nos industries doivent se préparer à créer des chaînes dématérialisées, pour lesquelles le contact relève du choix et non plus du prérequis. La distance doit maintenant se penser à l’échelle de l’intégralité des interactions économiques, de l’entrée en relation à la contractualisation, en passant par les échanges et la vente. Les acteurs qui émergeront de ces temps difficiles sont ceux qui continueront à investir dans la dématérialisation.
Comme les pays du nord de l’Europe, qui, il y a quelques années, avaient pris de l’avance sur les échanges à distances, tout simplement parce que les déplacements de personnes en hiver sont difficiles, nous avons aujourd’hui l’occasion et les moyens d’accélérer le tout digital. Plutôt que de nier la tendance, la bonne attitude est celle qui consiste à développer des canaux sûrs pour permettre son développement, comme la circulation tracée des biens de consommation par exemple, pour éviter les déplacements au supermarché ou l’authentification forte, dont la mise en œuvre est prévue au 31 décembre de cette année, qui vient sécuriser l’ensemble des processus digitaux.

Au-delà de tenter en vain de rétablir ce qui fonctionnait avant, envisageons l’après-crise comme une opportunité de creuser des tendances à la dématérialisation déjà bien ancrées.

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