SYRTALS CARDS

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Angelo CACI

Angelo Caci
Directeur général de Syrtals Cards

BNPL : De l’art de réinventer ou de magnifier les recettes d’antan…

Quel est le point commun entre le rachat d’AfterPay par Square et Floa bank par BNP : les facilités de paiement ou plus spécifiquement, les paiements différés et fractionnés, que l’on résume si bien par l’acronyme BNPL, devenu désormais célèbre, alors que ce service fut longtemps appelé chez nous PnF, paiement en N fois et 3-4XCB ?
Tout d’abord, ceux qui envisageaient la fin des « dinosaures » bancaires dès l’arrivée, par milliers, de fintechs aux dents longues en sont pour leur argent, car les premiers sont loin d’être décatis, comme en témoignent leurs derniers et fringants résultats annuels ou semestriels.
Face à eux, les néo-venus dans l’arène des paiements et services financiers sont toujours plus nombreux et constituent une galaxie protéiforme entre joueurs locaux, régionaux et globaux, ceux qui végètent et ceux qui deviennent des stars, ceux ayant brillamment acquis un statut (établissements de crédit, de paiement, de monnaie électronique, initiateur de paiement…). La plupart n’ont pas, à date, cassé leurs pipes et continuent souvent d’afficher des croissances fortes accompagnées, pour certaines, de valorisations affolantes, à l’instar des Revolut, Chime, Nubank, Kakao Bank et autres Klarna ou Adyen…
Le bât évidemment blesse lorsque l’on regarde la « bottom line », même si une très faible minorité a atteint le « break-even ».

Toutefois, il faut de nouveau reconnaître que c’est l’échelle du temps et des montants en jeu qui varie entre les deux camps. Jugez-en plutôt :

• Afterpay : lancé en 2015 en Australie, a connu une croissance exponentielle ; capitalisation boursière ~38 milliards AU$. Son « prédateur » Square né en 2009 et valorisé 124 milliards US$ est prêt à débourser près de 30 milliards US$ pour faire une entrée fracassante sur ce marché…
• BNP Paribas, la première banque de l’Union européenne (market cap ~67 milliards €) s’apprête à prendre le contrôle de Floabank (créé il y a 20 ans), l’un des leaders français du BNPL au prix de 258 millions €.

Depuis une vingtaine d’années désormais, avec le boom des « e » (e-business, e-economy, e-commerce, e-CRM, e-payment…) et l’accélération de la digitalisation de la société, nous nous sommes habitués à ce que la raison cohabite en permanence avec l’insouciance, la prise de risque, l’audace et la nécessaire (ré) invention, pour ne pas se faire balayer sous un effet « Kodak » ou « Nokia ».

Les nouveaux entrants cumulent souvent nombre de ces qualités et ont cette faculté d’adaptation inouïe et cette spécialisation qui les font souvent surperformer dans un segment singulier, là même où, pourtant, les historiques étaient installés depuis belle lurette. Mais les menaces ne s’arrêtent pas là. En effet, quand certains continuent de creuser leur sillon dans un domaine sans y déroger, d’autres élargissent leur aura, avec parfois à la clé un succès insolent…

L’industrie des facilités de paiement est en train de vivre cette effervescence particulière aux quatre coins de la planète. Il n’est plus de marque célèbre, de banquier, de PSP, de e-commerçant, de card scheme,… qui ne proposent de tels services et/ou ne « s’acoquinent » avec l’un ou l’autre des spécialistes du marché, que ceux-ci soient anciens ou plus récents.
Les protagonistes, qui servent ou servaient uniquement les commerçants avec de telles offres, proposent aussi toute une batterie de services directement aux consommateurs et jouent sur plusieurs tableaux à la fois. Les frontières deviennent ainsi toujours plus poreuses entre les postures des acteurs en lice, ce qui ne fait qu’intensifier le jeu concurrentiel sur divers fronts.

Heureusement, et c’est une des raisons majeures de l’emballement actuel, le gâteau du BNPL a beaucoup grandi ces derniers temps, boosté par la santé du e-commerce et la crise sanitaire, et son avenir est radieux. Selon Insider Intelligence, le business BNPL au plan mondial représenterait un volume de 680 milliards $ en 2025.

En tout cas, les avantages apportés à l’écosystème du commerce (proximité et on-line) sont bien réels tant les usagers et les marchands tirent profit de services plus digitaux, pratiques, immédiats, performants, souples, cross-canal…, même si, bien entendu, il y a toujours quelques biais comme les montants des tarifs et frais appliqués, le manque de transparence…

Face à un engouement indéniable, des soubresauts ne manqueront pas de survenir, du fait de l’évolution de la réglementation, du process de M&A qui sévit dans les paiements (cf. l’annonce du rachat du Japonais Paidy par PayPal), ou bien de la capacité de résilience et d’innovation des acteurs en lice…

Pour celles ou ceux que cela intéresse, notre cabinet publie depuis trois ans, un Opus dédié au Paiement Digital. Le N 3 a été finalisé en juin 2021, nous y avions notamment consacré un chapitre sur le BNPL. Vous pouvez en faire la demande en accédant à notre site www.syrtals-cards.com

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