INTERVIEW

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Cédric Sarazin

Managing Director chez FrenchSys
Cédric Sarazin, Managing Director chez FrenchSys pour la newsletter SYRTALS
  1. Quelles grandes évolutions voyez-vous prochainement dans l’univers du paiement ?

Dans le domaine du paiement, il y a eu trois évolutions récentes. La première concerne les paiements électroniques : ils connaissent un rebond post-pandémie. Même en prenant en compte la baisse des volumes générale induite par la crise du covid-19, le rebond est significatif. Il s’explique par les nouvelles habitudes de paiement prises par les consommateurs. Pour des raisons d’hygiène, ces derniers ont beaucoup plus utilisé les cartes, et beaucoup moins les espèces et les chèques. Ainsi, à la reprise de l’activité, les consommateurs et les commerçants ont continué avec les habitudes de consommation développées pendant la pandémie. La seconde évolution concerne l’augmentation de l’utilisation du sans contact. Toujours pendant la pandémie, le plafond a été relevé de 30 euros à 50 euros, ce qui a contribué à la popularité de ce moyen de paiement parmi les consommateurs et les commerçants. Enfin, la troisième évolution notable concerne le
e-commerce : là encore, les habitudes prises pendant le confinement ont perduré. Ce domaine connaît une très forte utilisation de standards techniques et notamment d’API.

 

  1. Et au niveau de la standardisation des solutions de paiement et des API notamment ?

Tous les travaux de standardisation suivent les trames précédemment évoquées. La hausse de l’usage du paiement sans contact entraîne un besoin renforcé de standardisation. Et ce notamment pour répondre aux besoins de tous les styles de paiements surtout pour le sans contact et là il faut également s’adapter à tous les schemes : CB, Visa, Mastercard, American Express, Discover, JCB, UnionPay, etc. En outre, même si les touristes n’ont pas été aussi nombreux que les années précédentes, ils sont en train de revenir et amènent avec eux de nouveaux challenges de standardisation. En effet, en France aujourd’hui, c’est la carte qui vérifie le PIN. Dans un scénario de paiement sans contact généralisé, en revanche, le PIN se vérifie plus facilement en ligne sur des serveurs. UnionPay par exemple, utilise beaucoup cette technique. Cette étape est très importante pour l’ergonomie des paiements internationaux mais également domestiques. Le déploiement FRv6 s’inscrit dans cette logique.
Au-delà de la standardisation, le secteur dans lequel les API ont une importance conséquente est l’e-commerce. C’est la raison pour laquelle nous avons compilé tous les besoins des schemes et les besoins réglementaires pour en faire une spécification technique commune que l’on appelle le MPADS (Manuel des paiements à distance sécurisés). Ce dernier permet aux développeurs de solutions d’être en phase avec toutes les exigences des schemes ainsi qu’avec les exigences réglementaires, notamment l’authentification forte, et de s’intégrer dans l’écosystème français du paiement. Cela permet également d’offrir le choix d’application en ligne avec les dispositions réglementaires dites IFR, tant au consommateur qu’au commerçant. Pour toutes ces raisons, il est primordial que les développeurs suivent cette spécification.

 

  1. Et dans ce cadre, quelles sont, selon vous, les perspectives pour les API à moyen terme ?

 Dans le commerce électronique, les API sont en fait une perspective à court terme : elles sont utilisées dans tous les développements d’applicatifs e-commerce, mais également entre les banquiers acquéreurs et leurs commerçants, ou encore en interbancaire. Par exemple, ces API commencent à être utilisées dans le protocole de sécurité 3D Secure. Et aussi, traditionnellement, les échanges interbancaires se faisaient sur la base de protocoles de messages — norme ISO8583 — mais ils évoluent vers le standard ISO20022, qui est une modélisation beaucoup plus évoluée. Nous avons déjà pu constater qu’entre cette dernière et le mode de fonctionnement des API, il est très facile de passer de l’un à l’autre, de faire des conversions. Dans ce contexte, le passage à l’utilisation d’API est facile, voire naturel. Ainsi, l’utilisation de plus en plus massive d’API semble être la perspective la plus probable dans le domaine de la monétique tout comme dans celui des virements instantanés et de leurs initiations. Nous travaillons beaucoup sur ce sujet à niveau européen dans le cadre de notre nouveau consortium EPEC (European Payment Experts Consortium) avec nos partenaires allemands de la société SRC.

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