E-Wallet/m-Payment, universel ou privatif ? Quelles seront les clés du succès ?

E-Wallet/m-Payment, universel ou privatif ? Quelles seront les clés du succès ?

Le marché des paiements est en ébullition permanente et sans surprise, les offres de e-wallet et m-payment concentrent beaucoup d’attention, avec leurs lots de promesses, de succès retentissants, de semi-échecs, voire d’abandons.

C’est ainsi que les prétendants sont légions et fourbissent leurs armes pour prendre une place de choix dans cette arène :

  • Les wallets providersnés dans l’euphorie du e-commerce il y a 15 ou 20 ans tels que PayPal, Yandex ou Neteller.
  • Les établissements bancaireslancent leurs offres en solo ou en consortia, parfois en partenariat avec les schemes nationaux ou internationaux à l’instar de Paylib, MobilePay (Danske Bank), Chase Pay, Bizum (groupement de banques espagnoles).
  • Les XPaycapitalisent sur le succès de leur système d’exploitation ou de leurs smartphones (Apple, Google, Samsung, LG…).
  • Les retailersau sens large, qu’ils viennent du monde online (Alibaba, Tencent) ou physique (Starbucks, Walmart, Carrefour, Total, Tesco, Kohl…).
  • Les opérateurs mobilesrevendiquent quelques beaux succès, notamment dans les pays émergents.
  • On peut y ajouter les acteurs duprépayé, les opérateurs de transport, sans oublier de nombreuses start-ups aux quatre coins de la planète (ex : Lydia, Paytm, Yoyo…).

Chaque prétendant tente ainsi de cultiver ses atouts et forces pour développer un réseau d’acceptation et recruter en nombre des utilisateurs réguliers, en s’appuyant sur un ensemble de combinatoires :

  • Nature des biens et services achetables
  • Contenus du service : paiement, fidélité, coupons, liste de courses, cashback, reçus dématérialisés…
  • Canaux d’achat : on et/ou offline (magasin, e-commerce, in-app…)
  • Technologies : NFC, QR code, code barre, SMS
  • Réseau d’acceptation à vocation universelle ou privative…

Comme ils l’ont démontré par le passé avec le succès de leurs cartes privatives, les grands commerçants ont la faculté de façonner des services sur mesure, grâce à leurs bases de connaissances clients et la maîtrise de leur réseau (intégration avec leurs SI, caisses, CRM…), comme en atteste le succès incontestable de l’appli Starbucks.

Les acteurs qui ont une vocation universelle (ex : XPay, banques…) doivent, quant à eux, rendre leur service e-wallet/m-payment disponible auprès du plus grand nombre à l’instar de ce qu’est devenue la carte bancaire, pour in fine, pourquoi pas, la remplacer.

C’est une course au long cours qui s’est donc engagée pour créer un modèle de plus en plus vertueux et rendre l’offre aussi récurrente que possible.

On remarquera enfin qu’au fil des ans, les frontières peuvent devenir floues entre les partisans/offres des 2 camps :

  • Paypal, qui était par le passé « cantonné » à l’environnement EBay s’en est rapidement émancipé et veut devenir un mode de paiement omni-canal.
  • Amazon lui a emboîté le pas avec Amazon Pay que l’on retrouve auprès d’autres marchands, sans oublier les ambitions plus larges d’Amazon dans la sphère financière.
  • Les services de transfert d’argent PtoP deviennent des compléments souvent incontournables.
  • Que dire enfin de l’ambition des wallets Alipay et WeChat pay qui se transforment en « scheme » de plus en plus universels alors qu’ils étaient initialement « réservés » à l’environnement de leurs maisons mères Alibaba et Tencent et qui proposent un éventail de services aussi large qu’addictif ?

Sans surprise, du fait de la multiplicité des besoins et des contextes d’utilisation, on assistera au moins pour les cinq prochaines années à une cohabitation de ces offres, avant une phase probable de consolidation. Les volumes et chiffres qui pourront être affichés dicteront sans aucun doute l’issue de toutes ces initiatives.

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