Fraude : les paiements digitalisés restent les plus fiables

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Olivia BERNANOSE

Directrice d’activité
Moyens de paiement
En 2018, le montant global de la fraude s’élève à 1,045 milliard d’euros pour 6,7 millions de transactions scripturales frauduleuses. Ceci représente une hausse globale en montant de 36 % par rapport à 2017. En attendant le déploiement de l’authentification forte, les paiements digitalisés résistent mieux aux fraudes avec des taux quasi stables et à un niveau bas. En effet, le dernier Rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement conclut que l’année 2018 voit,pour la première fois en France, les chèques comme le moyen de paiement le plus fraudé, avec 450 millions d’euros fraudés, devant la carte pour 439 millions d’euros. La fraude sur les chèques, qui sont pourtant en déclin (1,7 milliard de chèques en moins en 2018), augmente fortement (plus de 52 % de hausse) et représente plus de 43 % en montant de la fraude qui est imputable majoritairement aux chèques contrefaits et falsifiés. La règle d’adaptation des fraudeurs à l’écosystème des paiements se vérifie une nouvelle fois, profitant de la brèche ouverte sur cet instrument qui reste difficile à sécuriser.

 

La fraude sur les paiements à distance s’appuyant sur des dispositifs avancés de sécurisation, et combinés à des moteurs d’analyse de risques, poursuit sa baisse depuis la septième année consécutive, alors même que ces paiements connaissent une forte croissance de plus de 22 %, par rapport à 2017. Le taux de fraude sur les paiements par mobile reste aussi bien maîtrisé en France, s’appuyant sur une authentification renforcée. Aujourd’hui, plus de 70 % des e-commerçants utilisent le SMS de vérification, 3D Secure ou MasterCard Secure Code. Avec la DSP2 et les nouvelles règles RTS qui devraient s’appliquer à compter du 14 septembre 2019, ce dispositif sécuritaire n’est plus considéré comme suffisant. En effet, selon les exigences SCA ou « Strong Customer Authentication », il ne permet de vérifier qu’un seul critère de sécurité « ce que je possède ».

Même si les paiements digitalisés restent plus fiables que les paiements par chèques ou espèces, il est nécessaire et urgent d’anticiper les capacités d’adaptation des fraudeurs sur les paiements digitalisés, en renforçant la sécurisation de l’instrument de paiement, mais aussi en fiabilisant et certifiant le contrôle des pièces d’identité. La lutte contre la fraude doit plus que jamais se concentrer sur l’enrôlement du payeur, en le couplant au contrôle de son identité à l’instrument de paiement.

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