L’open banking ou l’accélération du cash management

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Arnaud BRUNETON

Directeur d’activité
Cash management
Ça y est, l’échéance d’ouverture des API par les banques pour les agrégateurs de comptes et les initiateurs de paiement est passée. Il est encore trop tôt pour constater quelque tendance que ce soit en matière d’offre, d’usage, etc. pour les entreprises. Cependant, cette échéance marque le début d’une nouvelle ère pour le cash management. Les entreprises peuvent envisager des modifications de leur organisation et de leur gestion, les banques vont légitimement proposer de nouvelles offres et les fintech ont des opportunités à saisir en mettant en avant leurs propres offres. Quels sont les éléments qui entrent en jeu dans ce contexte ?

Pour commencer, les entreprises peuvent dorénavant s’adresser à n’importe quel agrégateur de comptes pour récupérer de manière centralisée l’ensemble de leurs relevés de comptes, et cela en temps réel. Ce qui impacte directement l’utilisation classique d’un abonnement de télétransmission avec chaque banque pour la récupération des relevés quotidiens avec, dans de rares cas, l’accès à un relevé intraday. L’open banking apporte une vision en temps réel des écritures et des soldes. Les entreprises verront d’un bon œil l’accès à l’information en temps réel.

L’autre service accessible de la deuxième Directive sur les Services de Paiement est l’initiation de paiement. Il en existe plusieurs formes et les entreprises peuvent l’utiliser tant pour payer (émission d’une demande de virement de l’entreprise depuis une banque pour débiter un de ses comptes dans une autre banque au profit d’un tiers) que pour encaisser (émission à la banque de son débiteur d’une demande de paiement que le débiteur n’aura plus qu’à valider pour qu’un virement soit initié). De manière schématique, voire caricaturale, dans le premier cas, l’initiation facilite la centralisation des paiements. Dans le deuxième cas, elle crée un nouveau mode d’encaissement et met en danger le prélèvement puisque l’initiation de paiement ne nécessite pas la lourde gestion d’une base des mandats.

À ces services s’ajoute l’Instant Payment qui, pour rappel, permet l’émission de virements jusqu’à 15 000 € (avant de passer à 100 000 € le 1er juillet 2020), 24/7/365, et avec une disponibilité des fonds sous 20 secondes. Ce nouveau service est utile pour les paiements en retard, les versements de fonds à des assurances, à des assurés pour finaliser les démarches d’inscription, etc. Il abat également les limites actuelles de la gestion de trésorerie puisque des équilibrages de comptes sont réalisables (éventuellement en plusieurs virements) en dehors des heures de compensation bancaire. Toutefois, toutes les banques de la place ne proposent pas ce service aux professionnels et aux entreprises et les coûts unitaires sont très variables.

La combinaison de ces services est une aubaine pour les trésoriers. Ils s’affranchissent des banques et peuvent gérer leur trésorerie plus finement en temps réel. Les banques ont l’opportunité de constituer des offres leur permettant de lutter contre la désintermédiation qui leur est promise. Les fintech mettent en avant leurs services, généralement accompagnés d’offres de rapprochement, de placement ou d’emprunt. Un nouvel écosystème éclôt.

L’environnement technique du cash management évolue et ouvre de nouvelles portes. Des tendances et usages vont être expérimentés et pourraient devenir les nouveaux standards de demain. Nous avons la chance d’assister, voire de participer, à cette formidable mutation.

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