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Angelo CACI

Angelo Caci
Directeur général de Syrtals Cards

Vent continu de nouveautés et de bouleversements dans la monétique et les paiements

Nul doute que l’année 2021 va continuer à être trépidante dans le domaine de la monétique et des paiements. Tous les ingrédients sont en effet réunis pour nourrir le flot de bouleversements, d’accélérations, voire de disruptions aux quatre coins de la planète et en particulier en Europe.

  • « War on cash »: malgré la très bonne orientation des paiements électroniques, il existe encore de-ci de-là des poches de « résistance » qui deviennent ainsi autant de gisements de croissance et/ou de rattrapage, notamment dans certains pays (ex : Europe du Sud, Allemagne…) ou certains contextes d’usage.
  • Ascension irrésistible du sans contact et résilience de la carte: depuis l’augmentation du seuil dans plusieurs dizaines de pays en mai 2020, le paiement par carte sans contact ne s’est jamais aussi bien porté avec des scores prodigieux frisant jusqu’à 80/90 % des volumes de transactions dans les magasins de proximité en Grande-Bretagne ou 50 % en France. De quoi se convaincre, s’il en était besoin, du caractère incontournable de la carte, fût-elle physique ou virtuelle, basique ou « premium », en plastique ou d’un autre matériau.
  • Effets durables du covid-19 : les habitudes prises depuis un an désormais (plus de e-commerce, click&collect, drive, livraisons à domicile… et gestes barrières) ont vocation à perdurer, chez les initiés ou ex-réticents, ce qui concourt à une accentuation de l’utilisation des modes de paiement digitaux et autres wallets au détriment des espèces et chèques.
  • Le paiement mobile génère un engouement plus que respectable du fait du confort d’utilisation incontestable et de la multiplicité des offres désormais opérationnelles. Outre les X-Pay qui ont converti des milliers de banques dans le monde et plusieurs centaines en Europe et le succès international de Alipay et Wechatpay, d’autres providers tout aussi fringants ont démontré la valeur de leurs offres et l’on peut citer en vrac Paylib en France, Swish, Mobilepay, Vipps en Scandinavie, Blik en Pologne, Bizum en Espagne, Twint en Suisse, Kwitten Allemagne, Payconiq au BeNeLux… sans oublier d’autres prestataires dans la distribution ou dans des verticales comme le prépayé ou le transport.
  • La frénésie du M&A ne mollira pas de sitôt, car paiement rime avec taille, internationalisation et économies d’échelle. On assistera ainsi à des opérations de l‘envergure de celles que nous avons connues en 2020 (Worldline/Ingenico ; Nexi/SIA/Nets), mais également d’autres, de moindres tailles, en particulier chez des players spécialisés (ex : e-commerce).
  • Effets corollaires de la bonne santé du marché des paiements: les valorisations des sociétés, en tout cas pour les plus efficientes ou innovantes, vont continuer à s’envoler (ex : Adyen, Checkout, Stripe…) tandis que de nouveaux venus boostés par des levées de fonds notables veulent changer la donne dans certains domaines, à l’instar du boom du Banking/Issuing as A Service (ex : Marqeta), du BNPL (Buy Now Pay Later) et des néo-banques aux positionnements tantôt généralistes ou spécialisés (grand public, freelances, entreprises, jeunes, voyageurs, green…) qui réinventent les codes des services de paiement et services bancaires nourris à une forte dose de digitalisation
  • Les frontières continuent à s’estomper :l’accès aux agréments émanant des directives européennes successives (dont DSP2) couplé aux innovations technologiques (IA, API, micro-services, cloud, open banking…) rebat les cartes et induit une remise en cause des postures « sagement » établies pendant des décennies (ex : processeur, émetteur, acquéreur, BaaS…). Les partenaires ou fournisseurs d’hier deviennent autant de nouveaux concurrents et les acteurs naguère cantonnés dans un registre limité font montre d’un appétit croissant vers de nouveaux horizons…

Dans ce tourbillon incessant, la genèse de l’initiative européenne EPI, soutenue par les autorités continentales, prend dès lors une connotation aussi originale que porteuse d’avenir pour les partisans d’une solution de paiement pan-européenne, mais constitue également un défi audacieux.

La fenêtre de tir 2021/2025 va en effet être déterminante pour la réussite d’EPI, à savoir mettre sur orbite une offre alléchante pour toutes les parties prenantes (consommateur, marchand, émetteur, acquéreur) et fédérer le plus grand nombre d’acteurs dans la durée sans oublier les phases de migration intermédiaires. À terme, en effet, les solutions domestiques, ou n’ayant pas rencontré le succès, devront céder leur place progressivement à l’offre EPI à qui il faudra trouver une marque aussi emblématique que celle des puissants concurrents américains ou chinois contre qui elle devra lutter.

Chantier titanesque s’il en est, mais si diablement motivant, de quoi nous tenir en haleine pendant quelque temps encore et vivre des épisodes autant surprenants qu’inédits dans cette course vers la souveraineté européenne…

Syrtals Cards et CDKL publient le Baromètre Payment Data CDLK – Rétrospective 2020« Impact du Covid-19 sur les tendances de consommation ».

Au travers de l’exploitation des données de paiement, ce baromètre revient sur les comportements d’achat des Français lors de l’année 2020 au gré des périodes successives de confinement et de déconfinement.
Le document est disponible sur le site Syrtals Cards.

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