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José TEIXEIRA

Directeur d'activités

Facture électronique : anticiper dès maintenant

La réforme de la facture électronique entre désormais dans une phase décisive.
Les deux prochaines étapes sont importantes dans la vie des entreprises. À partir du 1er septembre 2026, les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire devront être en capacité de recevoir et d’émettre des factures électroniques. À partir du 1er septembre 2027, cette obligation s’appliquera pour les PME, TPE et micro-entreprises.

L’enjeu actuel n’est plus de savoir si l’entreprise doit se préparer à des changements, mais comment structurer son plan d’actions et prioriser ses décisions. 
L’entreprise doit ainsi mener un projet transverse, pas uniquement technique. La facture électronique ne se limite pas à un changement de format mais impacte plusieurs domaines : les processus achats et ventes ; la gestion des flux et des statuts ; la qualité et la structuration des données ; l’organisation interne.
Elle comporte également une dimension juridique souvent sous-estimée : conformité fiscale, archivage probant, traçabilité, gestion des responsabilités entre l’entreprise et les plateformes, évolution des clauses contractuelles.
La traiter comme un simple projet IT expose à des risques opérationnels et juridiques.

Des arbitrages à faire
Le choix d’architecture (Plateforme Agréée — PA —) et l’évolution éventuelle de l’ERP par une mise en conformité ciblée ou une transformation plus large sont les deux décisions à prendre avec attention par l’entreprise. Lancer simultanément une modernisation ERP et la réforme peut accroître la complexité. La priorité reste la conformité, sauf si l’évolution du SI est indispensable pour y parvenir.
La facture électronique, inscrite au cœur de la chaîne order-to-cash et procure-to-pay, influence directement les délais de validation et de mise en paiement fournisseurs ; la fluidité des encaissements clients ; la qualité des rapprochements comptables ; la fiabilité des prévisions de trésorerie ; le pilotage du DSO et du DPO. Une donnée mieux structurée et des flux sécurisés peuvent améliorer l’automatisation des paiements et des encaissements, renforcer la visibilité cash et limiter les litiges. À l’inverse, une transition mal préparée peut générer retards, rejets, tensions fournisseurs ou décalages d’encaissements.

Mettre en place un rétroplanning réaliste
Cadrage, choix de solution, contractualisation, paramétrage, tests, conduite du changement, mise à jour des procédures et sécurisation juridique :
ces étapes nécessitent un rétroplanning structuré, en particulier pour les entreprises concernées dès 2026.
Anticiper aujourd’hui permet de sécuriser l’ensemble de la chaîne
facturation – encaissements – paiements — trésorerie.
La facture électronique est une obligation réglementaire. Elle constitue aussi un levier d’optimisation du pilotage financier − à condition d’être abordée comme un projet transverse, priorisé et maîtrisé.