Zoom sur le sans contact et ses opportunités

Zoom sur le sans contact et ses opportunités

Zoom sur le sans contact et ses opportunités

Le sans contact tout le monde en parle, mais connait-on vraiment son origine et ses opportunités de déploiement ? SYRTALS vous propose un zoom sur les opportunités à saisir et les risques à circonscrire pour mettre de son côté toutes les chances de lancer un bon service autour du sans contact. Pour en savoir plus, contacter SYRTALS, des études d’impacts, d’opportunité/faisabilité, de mise en marché de services sans contact sont menées par nos équipes d’Experts Métier.

A la recherche du sans contact et des ses opportunités

Le sans contact, liaison courte portée sécurisée (fréquence 13,56 MHz) pour l’échange de données n’est pas nouveau. Il a été repris du monde militaire utilisant la technologie RFID à haute fréquence. Cette technologie a été adaptée tout d’abord à l’univers du transport pour accélérer le temps de la transaction et ainsi fluidifier le passage des usagers au moment de l’acquittement du paiement. Des applications de péage naissent dès la fin des années 80 début 90, dans le monde entier, sur les autoroutes de liaison et périurbaine et en parallèle, dans les parkings, les métros et les bus. Une application bien connue des usagers parisiens en est le Pass Navigo (13,56 MHz), une autre le télébadge Liber-t (5,8 GHz) interopérable sur l’ensemble du réseau autoroutier français.

Depuis 5 ans, pour répondre à un besoin de fluidification des flux aux points de vente, les réseaux de carte ont développé des produits carte de paiement sans contact, les plus connues sont PayWave pour Visa et PayPass pour MasterCard. Une norme NFC2.0 internationale (Near Field Communication) est venue normaliser le lien d’échange des données en termes de protocoles et de données applicatives à transmettre. Les réseaux cartes ont redoublé d’innovation en imaginant différents supports physiques mais tous supportant l’intelligence de la carte, la puce. Le produit sans contact est polymorphe : format carte standard, porte-clé usb, sticker, montre, mais aussi sur le support très en vogue le mobile qui alors vient accepter en plus de la carte SIM, la puce sans contact supportant l’application carte. Cette spécificité offerte au mobile permet au porteur de présenter au point d’acceptation les données cartes « sans avoir à sortir sa carte du portefeuille ».

Force est de constater, que le déploiement du sans contact est très disparate en Europe et d’ailleurs dans le monde entier. Il est fonction des besoins des populations et de l’état des technologies cartes déployées par les acteurs du paiement par carte. En Amérique du Nord, en Asie, en Pologne, en Afrique du Sud, en Grande Bretagne entre autres, le sans contact se développe rapidement car ces contrées n’avaient pas investi, pour la plupart,  dans la puce EMV et y voient enfin un moyen de sécuriser le système carte tout en offrant un service à valeur ajouté à ses clients. En France et dans une majeure partie de l’Europe, le déploiement est plus lent voire se limite à de simples pilotes malgré les multiples initiatives des banques, opérateurs, transports publiques, commerçants, villes et régions. Plusieurs raison à cela, ces pays ont déjà effectué des investissements conséquents pour passer à EMV tant au niveau de l’émission que de l’acceptation. Accepter le sans contact implique nécessairement de mettre à niveau les terminaux de paiement et de renouveler le parc de cartes, et donc à nouveau investir. D’autres freins à son déploiement sont déjà identifiés : le sans contact limite les possibilités de transactions, réservées uniquement aux transactions ne requérant pas une autorisation via le serveur de la banque et donc limitant le type de transaction possible, en plafonnant le montant des transactions. En cas de dépassement du plafond (en général au delà de 20-25 €) il faut repasser en mode contact et saisir le code confidentiel au point d’acceptation, ce qui vient créer une rupture dans la chaîne d’encaissement perturbant ainsi la prise de décision du client et les tâches du caissier ou du commerçant.

Cependant, le sans contact, bien qu’encore balbutiant, a un avenir certain dans une perspective de réponse à un besoin identifié de la clientèle. Des services sans contact sont attendus sur le prépayé, le porte-monnaie électronique répondant à des besoins de règlement rapide de petits montants de la vie courante. Mais séparer le sans contact des autres possibilités de transactions offertes par la carte ou maintenant le mobile mènera certainement à une impasse ou du moins limitera son déploiement. Son expansion sera ainsi plus certain dans un contexte multiapplicatif, intégrant le paiement de proximité et e-commerce, en passant nécessairement par une rationalisation des supports en possession des usagers. S’associer par exemple à des applications transports sera un plus évident. Les produits et services sans contact devront aussi intégrer une souplesse d’utilisation, en identifiant le support le mieux adapté pour intégrer la puce NFC. Le mobile à ce titre semble le bon compromis, encore faut-il que les fournisseurs de téléphones industrialisent la fonction sans contact dans les mobiles (à noter le dernier I-Phone n’a toujours pas intégré cette fonctionnalité ne la qualifiant pas encore utile pour sa clientèle…) et que les Telcos fiabilisent leur réseau. Les deux dernières pannes d’Orange en France et d’O2 en Grande-Bretagne ont affaibli les opérateurs télécom. De plus, les failles de sécurité concernant la phase de la transaction de paiement sur le sans contact et celles connues pour le mobile doivent être aussi résolues. Elles devront en particulier se conformer rapidement aux règles sécuritaires PCI-DSS. Le succès du sans contact sera aussi si les usagers lui accordent une confiance totale, tant sur le plan de l’authentification, de l’intégrité et la confidentialité des données. Cela prendra du temps en raison des coûts à investir pour déployer de telles solutions (renouvellement des parcs TPE et cartes) et de la recherche de solutions permettant de couvrir toutes les fonctions de paiement, de retrait, de rechargement, de transfert d’argent, et de l’obtention de l’adhésion des porteurs à vouloir payer à terme avec le mobile sans contact. Il n’est pas inutile de rappeler que le passage à EMV a pris plus de 15 ans en France, le déploiement à l’échelle nationale et européenne du sans contact pourrait prendre plus de 10 ans.

      En attendant, saluons les initiatives menées par les acteurs tels que les banques, les réseaux Cartes et la grande distribution pour déployer le sans contact : déjà des millions de cartes sans contact PayPass émises par Carrefour avec 2,3 transactions sans contact mensuelles, la carte Desineo CB fonctionnant en bimode sans contact et avec contact, celles du Crédit Mutuel, du Crédit Agricole, de la BPCE, de Casino, Auchan, et la solution sans contact de Visa Europe pour les JO de Londres. Ces initiatives contribuent à évaluer et vérifier la capacité du sans contact à répondre à un vrai besoin de la clientèle. Et comptons sur la génération des « digital natives » avec l’appui de plans de communication efficace pour aider à son déploiement mais toujours dans une stratégie au minimum européenne. Le maintien à long terme des applications locales pourraient freiner son déploiement en fragmentant le marché.

Olivia Bernanose,
Consultant SYRTALS

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Responsable Gestion du risque de fraude de SYRTALS
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