Fintechs et Néobanques à la conquête du marché de la Gestion des notes de frais

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Olivia BERNANOSE

Directrice d’activité
Moyens de paiement
Le coût manuel d’une facture est estimé autour de 90 euros. Malgré le vent de la digitalisation, force est de constater que la gestion des notes de frais est majoritairement manuelle dans les entreprises. Chronophage, avec un parcours client laborieux pour le collaborateur, elle demeure un poste important de dépenses difficilement maîtrisables. La gestion des notes de frais reste un domaine à conquérir. La clientèle entreprise, résolument mobile, devient exigeante.

Les Fintechs éditeurs de solution et les Néobanques, tels que Qonto, Manager.one, Mooncard, C2A, ou encore Spendesk, l’ont bien compris et ciblent les entreprises. Leur proposition : des services clés en main incluant une gestion en ligne des notes de frais, permettant le contrôle agile des dépenses en continu. Ces services font directement concurrence aux offres bancaires avec un parcours client fluide, assortis d’un pilotage personnalisable en temps réel des transactions. Le service construit par les nouveaux acteurs s’appuie sur une carte prépayée ou une carte reliée à un compte de paiement à contrôle de solde. Le débit est alors immédiat et limité au compte de l’entreprise. Pour se démarquer de la concurrence, leur service inclut des reportings customisables, la sécurisation 3DS ou la carte virtuelle. L’entreprise et le collaborateur sont enrôlés digitalement avec le KYC ad hoc. La capture digitale du justificatif est rapprochée automatiquement avec le paiement réalisé. Ces offres intègrent aussi la possibilité de valider le paiement par l’entreprise avant d’effectuer la transaction, de gérer les plafonds carte et entreprise. Elles permettent aussi de paramétrer et bloquer des fonctions paiements telles que le sans contact, le retrait, la VAD, les pays, d’alerter l’entreprise ou le collaborateur sur le dépassement du plafond par exemple. Ces offres clés en main présentent aussi des limites : pas de débit sur le compte du collaborateur, assurances, assistances et SAV limités, choix du visuel et code confidentiel souvent imposés. Les offres bancaires, quant à elles, couvrent un périmètre plus complet et à valeur ajoutée tel que : débit immédiat ou différé, solidarité entreprise, représentation automatique des impayés, propagation multi-hiérarchique, cash dépannage, programmes de fidélité, 3 fois sans frais, refabrication de la carte et réédition du code en urgence.

Quel business modèle pour capter ce marché ? Il repose sur une combinaison de variables telles que la cotisation carte, la commission de paiement et l’abonnement à des services à valeur ajoutée comme la validation du workflow, le paramétrage ou le blocage à la volée des plafonds des fonctions carte, le choix du visuel ou du code confidentiel…

L’arrivée d’acteurs exogènes au sein d’un domaine a toujours des conséquences sur les acteurs endogènes. Cela vaut également pour l’écosystème des paiements. Le risque pour les acteurs traditionnels est d’être cannibalisés ou anéantis par les nouveaux entrants. Un moyen de perdurer c’est d’innover en s’adaptant aux besoins de la clientèle, en sortant des schémas classiques, et en recherchant si nécessaire les alliances constructives. La résilience de ces nouvelles offres se mesurera aussi à leur capacité de coopération et d’interdépendance des solutions. N’oublions pas que la préoccupation majeure de neuf directeurs financiers sur dix demeure la trésorerie, selon une étude récente. Les entreprises sont en attente d’une offre complète et interopérable avec leurs ERP, ayant pour finalité première d’optimiser la gestion de leur trésorerie et de réduire la fraude. Aujourd’hui, si les offres se basent sur une carte Business ou Corporate, demain, elles devront évoluer et intégrer des services connexes incontournables comme les facilités de paiement, l’archivage probant et un hébergement sécuritaire des données. La carte ne sera sans doute plus la seule solution. Le paiement instantané combiné à l’initiation de paiement, couplé à des informations en temps réel sur l’accompagnement du client dans son parcours sont des pistes pour répondre à ce défi.

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