Dossier – Interview de Pierre-Antoine Vacheron

Dossier – Interview de Pierre-Antoine Vacheron

   Dossier – Interview de Pierre-Antoine Vacheron

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Pierre-Antoine VACHERON

Directeur Général Natixis Payments
Natixis Payments a été la première banque à mettre en place le Payment Instantané en France. Pierre-Antoine Vacheron, Directeur Général Natixis Payments nous apporte son expertise.

 

  1. Quel est le rôle de Natixis Payments ?

Natixis Payments est l’acteur de paiement du groupe BPCE. Il regroupe les actifs d’origine bancaire et l’ensemble des Fintechs acquises par le Groupe au cours des dernières années.

Cet ensemble gère les transactions de paiement pour environ 20 % du marché français de l’acquisition, 30 % du marché de l’émission et se positionne à la fois comme partenaire (industriel) des réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne et aussi des commerçants en direct pour les accompagner dans la transformation digitale du commerce.

Natixis vend donc des solutions d’émission et des solutions d’acquisition qui sont opérées pour le compte de commerçants. Cela se fait beaucoup, entre autres, au travers de nos Fintechs et nous avons notamment pour clients : Carrefour, SNCF, Air France, Vente Privée…

Nous sommes présents sur tout type de marchand, en particulier via une filiale qui s’appelle « PayPlug » et qui apporte une solution d’acquisition e-commerce pour les petits marchands Et nous disposons d’autres solutions pour les grands commerçants.

 

  1. Vous avez été les premiers à vous lancer dans le paiement instantané (PI) en France, quels sont les services proposés ? Quels sont les usages envisagés ?

Natixis s’est positionnée assez tôt sur le paiement instantané, car nous avons mis à profit la convergence des plateformes des Banques Populaires et des Caisses d’Épargne.

Lorsque nous avons mené cette convergence, nous avons pris le parti de miser sur une architecture et une technologie compatibles avec les paiements instantanés.

Nous avons ainsi été les premiers à être prêts en France et sommes en cours de connexion avec d’autres banques à la fois françaises et européennes.

Nous avons tout de suite démarré avec des cas d’usages faciles à déployer qui ne nécessitaient pas d’écosystème particulier, de banque tierce pour fonctionner avec nous. Nous avons ainsi mis en œuvre le paiement instantané en PtoP au travers des applications bancaires Caisse d’Épargne et Banque Populaire pendant l’été.

Nous avons déployé également en mode PI le versement d’indemnisations sur certains sinistres pour des clients assurés dans notre groupe. Et nous travaillons sur des scénarios autour du crédit à la consommation (versement d’avances au titre du crédit à la consommation en PI).

Nous travaillons aujourd’hui sur des problématiques en e-commerce, donc d’initiation de paiements en ligne sur une base de PI ‒ nous avons d’ailleurs annoncé un partenariat avec Air France en juillet dernier pour la réalisation d’un pilote.

Ensuite viendront d’autres offres qui concerneront des paiements en BtoB.

 

  1. Quelles sont selon vous les perspectives du paiement instantané en France ?

Nous voyons une substitution assez forte au cash et aux chèques, notamment pour le paiement de petits montants entre particuliers.

Natixis a publié un livre blanc ( https://www.natixis.com/natixis/upload/docs/application/pdf/2018-07/juillet_2018_-_livre_blanc_instant_payment.pdf ) au début de l’été au moment de l’annonce du lancement du paiement instantané. Pour la France, nous estimons un potentiel de 6 à 13 % des transactions d’ici 2022. Malgré son potentiel et la diversité de ses usages, le PI dépendra, pour réussir au long cours, d’une part, de la multiplicité des acteurs qui doivent modifier leurs infrastructures pour intégrer le temps réel, d’autre part, du délai de mise à disposition d’offres digitales assurant la fluidité des parcours de paiement et enfin de l’évolution toujours progressive des comportements et des usages.

Sur le e-commerce et le paiement en magasin, nous avons bien quelques scénarios en tête. Mais contrairement au paiement par carte et par SDD, le marchand ne peut pas véritablement « appeler le paiement ». La réglementation impose une validation du consommateur, c’est à lui de faire l’initiation de paiement. Cela rajoute un acte de la part du consommateur qui pourra générer un peu de friction dans le parcours d’achat.

On pense que le PI fonctionnera mieux sur certains sites qui proposent déjà le SCT, notamment pour ne pas éroder le plafond de votre carte. Mais, globalement, nous ne pensons pas à une substitution majeure de la carte dans le commerce.

Dans des paiements BtoB, nul doute qu’il y a un fort intérêt pour le PI en termes de gestion de la trésorerie.

Rappelons que le PI en tant que tel est une facilité technique qui apporte l’instantanéité, l’irrévocabilité et la potentielle simplicité. En contrepartie, il faut être très attentif sur la prévention de la fraude, sur les parcours digitaux que l’on va pouvoir mettre en œuvre pour que les initiations ne soient pas trop roboratives pour les consommateurs.

Il y a donc un très gros enjeu « d’encapsulage » du PI dans de vraies offres qui permettent d’apporter une expérience utilisateur la plus fluide possible, tout en gérant le risque de fraude.

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